La peur de la mort chez les personnes âgées

La mort peut faire peur… Encore plus lorsque les personnes se sentent vivre les dernières phases de leurs existences. Si vous interrogez une personne âgée sur le thème de la mort, vous obtiendrez une multitude de réponses. Mais la plupart du temps, vous remarquerez un certain malaise.  Le sentiment de peur de la mort chez les personnes âgées est une réalité. Des mécanismes de défense sont souvent mis en place pour y pallier. La Plume Sociale vous propose d’en faire un tour d’horizon au travers des différentes phases qu’une personne âgée peut traverser dans sa relation à la mort…

La fixation de la personnalité et du temps

Dans cette phase, la personne âgée a l’impression d’être la même et arrête de voir le temps s’écouler. Pour donner quelques exemples, certaines personnes âgées refuseront de donner leurs âges. Elles voudront ainsi s’arrêter à l’année « qui leur est acceptable ». D’autres, devenues grands-parents ou arrières grands-parents, élèveront leurs petits-enfants ou arrières petits enfants comme des parents. Elles voudront rester dans ce rôle parental et se projetteront même parfois à avoir à nouveau un enfant. Certaines personnes âgées rechigneront à porter des lunettes de vue pour lire, à utiliser une canne pour marcher… Elles se persuaderont qu’elles n’en ont pas besoin. D’autres continueront à conduire leurs voitures sans vouloir prendre conscience qu’elles prennent des risques évidents.

Oui, il y a un côté rassurant à ne pas voir le temps qui passe et à figer sa vie dans des moments routiniers ou heureux. Si le temps ne s’écoule plus, ou bien s’il se répète ou encore s’il est éternel, alors il n’y a pas de mort, car il n’y a pas de fin.

N’avez-vous jamais entendu certaines personnes âgées radoter ? A travers ce mécanisme, elles ont trouvé le moyen, inconsciemment ou consciemment, de figer le temps, par des éléments de leurs vies qu’elles racontent sans cesse. Elles fixent un moment du passé pour que le temps ne s’écoule plus. La peur de la mort des personnes âgées est contenue par la fixation du temps et de la personnalité. Ce mécanisme est très efficace.

 

La dépression et la prise de conscience

Lors de la première partie de la vie, la personne tisse plus de liens qu’elle n’en détruit. On fait de nouvelles rencontres par le travail, par l’école de ses enfants, par les activités, les loisirs, les voyages. Mais dans la deuxième phase de sa vie, la personne vit plus de perte de liens que de tissage de nouveaux liens. Si la question du pourquoi est posée, il est évident que la mort y est pour beaucoup. Les plus anciens de la famille meurent, les accidents de la vie et les maladies font mourir les êtres chers. Les douleurs physiques empêchent les voyages, les déplacements et les liens s’amenuisent…

Les personnes âgées prennent alors conscience qu’elles ne peuvent rien faire contre le temps qui passe, aboutissant inéluctablement à la perte de leurs vies. Apparait ainsi, à des degrés plus ou moins importants, une forme de dépression. Les traits joyeux des personnes âgées déclinent, elles deviennent moroses, tristes, éteintes. Certains membres de leurs entourages les trouveront râleuses, négatives, avec une accentuation de leurs défauts. Les personnes âgées voient peu à peu leurs mondes extérieurs s’appauvrirent par le manque de liens avec les autres et appauvrissent également leurs mondes intérieurs.  Elles font le bilan de leurs vies qui n’a finalement rien d’extraordinaire et rien à voir avec ce qu’elles voulaient réaliser et vivre. Elles s’accrochent à ce qui n’a pas eu lieu et dénigrent ce qui a eu lieu.

La dépression et la prise de conscience que la mort clôturera inéluctablement leur vie, est une phase difficile à vivre pour les personnes âgées. A cela s’ajoute également un sentiment de solitude et d’isolement et des besoins psychiques non assouvis.

 

La sagesse philosophique et le dynamisme de projet

Dans cette phase, les personnes âgées se font l’idée de la mort comme une vieille amie qui viendra les chercher au bon moment. La mort n’est alors pas vue comme un accident mais comme une solution qui les attend. Dans cette phase, les personnes âgées ont conscience de la proximité inéluctable de la perte de la vie. Elles regardent en face, sans déni, le temps qui s’écoule.

Elles amorcent une réflexion sur les croyances et les représentations de la mort. C’est ainsi que bien souvent, le thème de la religion est évoqué, avec un sentiment qu’il existe quelque chose après la mort. Les personnes âgées philosophent, inventent une nouvelle façon de voir la mort, comme un passage vers quelque chose d’autre, un ailleurs, un autrement. De même, elles voient la vieillesse comme une continuité, une évolution et ne s’attachent plus à la sensation négative des changements physiques et psychiques liés à l’âge. L’entourage les qualifie de « personnes expérimentées » ou « sages ».

 

La peur de la mort chez les personnes âgées : être accompagnées

Sans accidents de vie, nous deviendrons tous un jour une personne âgée. Et la mort sera inéluctablement un sujet auquel nous devrons faire face pour nous-mêmes. Cette épreuve est souvent vécue seule, parfois avec une grande confusion. Or il existe des solutions accessibles à tous. Ces solutions passent déjà par le savoir, car il nous rend plus fort. Mais elles passent également par l’accompagnement de professionnels expérimentés et formés.

La Plume Sociale apporte son aide pour lutter contre la peur de la mort chez les personnes âgées. Un travail d’écoute et de soutien est proposé à travers la permanence téléphonique afin de révéler l’identité et les besoins de la personne accompagnée.

Un travail d’écriture et de récit de vie peut être envisagé pour les personnes qui restent figées dans le temps. En effet, elles regarderont leurs histoires de vies dans leurs totalités et non à travers des bribes d’événements figés dans le temps. Dans cette perspective, les personnes âgées auront souvent besoin d’aide pour dépasser leurs appréhensions. En étant accompagnées, elles arrivent à faire face aux nouveaux systèmes de défense qui peuvent se mettre en place suite à la réapparition de souvenirs enfouis et oubliés.

Le travail d’écriture peut également aider les personnes âgées atteintes de dépression. Dans ce processus de mise en mots, elles arrivent à prendre conscience de la trajectoire originale de leurs vies. Ainsi, elles sortent peu à peu de leurs états dépressifs et de dramatisation. En se rendant compte que d’autres sont intéressés par leurs vécus, les personnes âgées s’intéressent aussi à leurs vies. Elles s’attachent à des petits éléments heureux, souvent jugés au préalable, comme étant futiles.

Dans le respect de l’éthique et de la déontologie de sa profession, et pour travailler sur la peur de la mort chez les personnes âgées, La Plume Sociale ne fait jamais  « à la place » des personnes âgées. Elle les accompagne au lieu de les assister dans leurs démarches de changement. La Plume Sociale ne construit jamais le projet  pour les personnes âgées. Elle les aide à mettre en lumière leurs compétences, pour apporter une évolution et un changement psychologique… Apprivoiser la peur de la mort chez les personnes âgées permettra d’atteindre une sérénité nouvelle durant chaque instant de leurs vies.